Cyril Brun
Après une maîtrise d'histoire médiévale, trois années de philosophie, un DEA d'histoire patristique, deux années de théologie, je poursuis mes recherches sur l'application de la foi chrétienne dans la société en économie et en politique. Je suis membre du GRHIS de l'Université de Rouen. Directeur de l'Institut Guillaume de Volpiano de septembre 2006 à juin 2007. Actuellement, j'achève ma thèse et une formation en théologie à l'Université Pontificale de la Sainte Croix à Rome.
Depuis 2001, je me suis spécialisé en Doctrine Sociale de l'Eglise. Je viens d'achever un livre , Pour une spiritualité sociale chrétienne, aux Editions Tempora.
http://www.editionstempora.fr/
Vous pouvez également me retrouver sur Christicity.com (http://www.christicity.com)
Musicien, ancien chef d'orchestre (j'ai suivi les cours de direction au CNR de Lyon) , ancien directeur artistique de l'Abbaye de Fécamp, j'occupe ce qu'il me reste de temps libre à ma passion, les spectacles musicaux, entre deux sorties en aviron ou à la montagne et quelques articles dans le magazine Res Musica.(www.resmusica.com)
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Avant d’aller plus loin dans cette étude du serviteur, arrêtons-nous un instant sur le service spécifique de Dieu, telle que la Bible nous le présente.
« Servir Dieu c’est d’abord lui offrir des dons et des sacrifices et assurer l’entretien de son Temple. Accomplir un acte de culte c’est servir (pour les prêtres comme pour les fidèles). Finalement l’expression servir désigne le culte habituel et devient à peu près synonyme d’adorer. (« Alors Josué dit au peuple: "Vous êtes témoins contre vous-mêmes que vous avez fait choix de Yahvé pour le servir." Ils répondirent: "Nous sommes témoins" "Alors, écartez les dieux de l'étranger qui sont au milieu de vous et inclinez votre coeur vers Yahvé, Dieu d'Israël." Le peuple dit à Josué: "C'est Yahvé notre Dieu que nous servirons, c'est à sa voix que nous obéirons. » Jos 24, 22") »[1] Mais le service que Dieu exige ne se limite pas au culte rituel ; il s’étend à toute la vie par l’obéissance aux commandements. C’est en tout cas ce que nous rappelle Samuel : ‘L’obéissance est préférable au meilleur des sacrifices’.1 S 15,22 Mais cette obéissance n’est pas servile car Dieu redit à Osée : ‘C’est l’amour que je veux et non les sacrifices.’ Os 6,6 C’est bien ce que tente d’expliquer un savoyard : « Voules-vous faire encores davantage, ma Philothee? Ne vous contentes pas d'estre pauvre comme les pauvres, mais soyes plus pauvre que les pauvres. Et comment cela? Le serviteur est moindre que son maistre : rendés-vous donq servante des pauvres; alles les servir dans leurs lictz quand ilz sont malades, je dis de vos propres mains; soyes leur cuisiniere, et a vos propres despens; soyes leur lingere et blanchisseuse. O ma Philothee, ce service est plus triomphant qu'une royauté.[2] » Le service est fondamentalement un acte d’amour posé par amour et pour l’amour, nous rappelle le catéchisme de l’Eglise catholique (CEC). « La Loi nouvelle est appelée une loi d'amour parce qu'elle fait agir par l'amour qu'infuse l'Esprit Saint plutôt que par la crainte; (…) une loi de liberté (cf. Jc 1,25 2,12) parce qu'elle nous libère des observances rituelles et juridiques de la Loi ancienne, nous incline à agir spontanément sous l'impulsion de la charité, et nous fait enfin passer de la condition du serviteur "qui ignore ce que fait son Maître" à celle d'ami du Christ, "car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître" (Jn 15,15), ou encore à la condition de fils héritier (cf. Ga 4,1-7 4,21-31 Rm 8,15).[3] » « ‘Il faut que le monde sache que j’aime mon père et que j’agis comme le père me l’a ordonné’. (Jn 14, 30) En servant Dieu, Jésus sauve les hommes dont il répare le refus de servir et il leur révèle comment le Père veut être servi: il veut qu’ils se dépensent au service de leurs frères comme le Christ l’a fait lui-même, lui leur seigneur et maître. ‘Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie.’ Mt 10, 45 ‘ Je vous ai donné l’exemple, le serviteur n’est pas au dessus de son maître.’ Jn 13, 15 sq. ‘Je suis au milieu de vous comme celui qui sert.’ Lc 22, 27 [4]» Le Christ, modèle achevé du serviteur amoureux ! C’est précisément parce qu’il est un service amoureux que le service de Dieu s’étend à toute la vie du serviteur. L’exemple des serviteurs de l’Ancien Testament nous révèle des serviteurs nombreux et relativement différents les uns des autres, mais un point les unit : l’amour de Dieu qui les poussent.[5] Il nous est dès lors plus facile de comprendre pourquoi Jésus rappelle que le service de Dieu est exclusif de tout autre culte (Mt 4,10 ; 9,13). En raison de l’amour qui l’inspire, il doit être intégral. Déjà dans l’Ancien Testament, servir Dieu est un honneur pour le peuple avec lequel Dieu a fait alliance. Mais Dieu est jaloux et l’Alliance oblige au service exclusif et sans partage (Dt, 6, 13). Cette fidélité doit se manifester dans le service cultuel et dans la conduite. Puisque c’est l’amour qui nous pousse à servir et à agir, nous saurons quel est notre maître en sachant qui nous servons. Est-ce l’amour de Dieu qui me meut ? Que se passe-t-il alors lorsque nous avons plusieurs maîtres ? Il va falloir hiérarchiser les services. Or cette hiérarchie se fera dans l’ordre du plus aimé au moins aimé. Aussi, le mauvais serviteur est-il d’abord un serviteur peu aimant et donc peu fidèle. C’est tout le sens de Mt 25,24 que nous rappelle Bossuet « Ici, l'accusation vise particulièrement le réprouvé, parce qu'il n'a pas rempli le service que son maître pouvait en attendre (Mt 25,24). La contradiction entre « serviteur » et « qui ne sert pas » fait éclater son indignité. L'insistance est donc cette fois sur « serviteur » ; et même si Dieu pourrait aisément se passer de nous (« inutiles »), du moment qu'il nous a fait l'honneur de nous associer au service que Lui-même est venu rendre aux hommes en la Personne du Verbe incarné, nous devons prendre à coeur de répondre à cette vocation [...] Jetez-le dans les ténèbres extérieures : s'oppose à la fois aux lumières de la salle des noces de la parabole précédente, et à l'entrée des bons serviteurs dans la joie de leur Seigneur : « L'un est mis dedans, l'autre dehors : l'un dans la joie et dans la lumière, l'autre dans le désespoir et dans les ténèbres... Pleurs et grincements de dents : Profonde tristesse dans l'un, et rage dans l'autre. Il est en fureur contre lui-même, parce qu'il n'a à imputer qu'à lui-même le malheur dont il est accablé. [6]» Puisque le serviteur est appelé à aimer, il trouve sa joie et sa récompense dans l’amour qui le lie à son maître. A l’inverse, son manque d’amour entrave son service et lui ferme les sources de la joie propre au serviteur. Si l’oiseau qui trouve sa joie dans le chant et s’accomplit dans cet exercice ne chante jamais, il ne pourra jamais recevoir les joies propres au chant. Ainsi en va-t-il du serviteur qui n’aime pas. Alors, inévitablement, nous pouvons constater avec S. Jean Chrysostome commentant ce verset de Matthieu, « ‘Qu'on précipite donc dans les ténèbres extérieures ce serviteur inutile: C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dent’. Remarquez donc ici, mes frères, que ce ne sont pas seulement les voleurs et les usurpateurs du bien d'autrui, ni ceux qui commettent des violences, qui seront condamnés par Jésus-Christ aux flammes éternelles de l'enfer, mais encore ceux qui sont lâches pour faire le bien. [7]» Inversement, la grâce qui les a fait passer de la condition de serviteur à celle d’amis du Christ (Jn 15,15) leur donne de servir si fidèlement leur Seigneur qu’ils sont certains de communier à sa joie. (Mt 25, 14-23 ; Jn 15, 10sq) Il y donc une relation très étroite entre Dieu et l’homme et cette relation est fondamentalement une relation de service, c'est-à-dire comme nous l’avons vu, une relation plus fondamentale encore d’amour. Au final, c’est le serviteur qui est récompensé plus que l’individu pour lui-même. Mais il est récompensé de l’amour qu’il porte à son maître et qui le fait servir. Le service n’est donc qu’un signe extérieur, mais réel de l’amour. Celui qui n’aime pas ne peut servir librement. Aussi, le jugement de Dieu sur l’homme est-il bien un verdict pesé au poids de l’amour et non pas une comptabilité d’actes posés dans la surenchère. C’est pour cela que la sentence est à la fois douce et dure à entendre : « C'est bien, bon serviteur, lui dit-il; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. » Lc 19,17 « Et ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres: là seront les pleurs et les grincements de dents. » Mt 25,30 En un mot : « La faveur du roi va au serviteur intelligent et sa colère à celui qui fait honte. » Prov 14,35
La sentence est douce car il suffit d’aimer. Elle est dure parce qu’elle est sans appel pour qui n’aime pas. Elle est pleine d’espérance parce qu’il est donné à tous d’aimer et d’apprendre à aimer et parce que le serviteur bénéficie d’une promesse. « Que ton amour me soit consolation, selon ta promesse à ton serviteur! » Ps 119, 76 Notons au passage que la promesse est l’amour même de Dieu c'est-à-dire une réponse d’amour à une démarche d’amour. Le serviteur trouve bien sa joie dans l’amour de servir. Mais servir est difficile. Difficile d’abord parce qu’aimer n’est pas toujours aisé pour l’homme blessé et enchaîné que nous sommes.[8] « Mais, avec le temps, il finira certainement par se préoccuper de sa propre dette, il appréhendera de n'être plus digne aux yeux de son Seigneur de lui rendre cet important service, et s'écriera : Hélas! Je ne suis qu'un serviteur inutile, vous n'avez pas besoin de mon service. Mais, quand il en sera venu là, il se trouvera dans les sentiments d'un amour véritable et fidèle. Dans les sentiments du fils de la femme libre, avec lequel celui de l'esclave ne doit pas partager l'héritage du père.[9]» Le service, en effet, est aussi un chemin sur lequel le serviteur fidèle a à cœur de progresser. « Je suis ton serviteur, fais-moi comprendre, et je saurai ton témoignage. » Ps 119, 125 Difficile enfin parce que le service de l’amour a ses opposants. Mais à la promesse est associée une protection divine « en ton amour anéantis mes ennemis; détruis tous les oppresseurs de mon âme, car moi je suis ton serviteur. » Ps 143,12 L’amour qui pousse au service comprend une part de confiance. Il est impossible d’aimer sans faire confiance. C’est le principe même de la foi.[10] Cette confiance, en l’occurrence porte sur la promesse faîtes au serviteur. « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît. J'ai mis sur lui mon esprit. » Is 42,1 Dieu est avec son serviteur puisqu’il remplit une mission au nom même de Dieu. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. »Jn 12,26 Pour cette mission, si le serviteur se rend disponible par son amour, c’est Dieu qui choisit le serviteur et lui confie sa mission. On ne s’arroge pas une mission, on la reçoit. « Ecoutez-moi, soyez attentifs, peuples lointains! Yahvé m'a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m'a abrité à l'ombre de sa main; il a fait de moi une flèche acérée, il m'a caché dans son carquois » Is, 49,1-2 De même avec la mission, le serviteur reçoit les grâces et les moyens de sa mission. Aussi la mission est-elle nécessairement une réussite pour peu que le serviteur soit fidèle et actif. « Sourds, entendez! Aveugles, regardez et voyez! Qui est aveugle si ce n'est mon serviteur? Qui est sourd comme le messager que j'envoie? (Qui est aveugle comme celui dont j'avais fait mon ami et sourd comme le serviteur de Yahvé?) Tu as vu bien des choses, sans y faire attention. Ouvrant les oreilles, tu n'entendais pas. Yahvé a voulu, à cause de sa justice, rendre la Loi grande et magnifique, et voici un peuple pillé et dépouillé, on les a tous enfermés dans des basses-fosses, emprisonnés dans des cachots. On les a mis au pillage, et personne pour les secourir, on les a dépouillés, et personne pour demander réparation. Qui, parmi vous, prête l'oreille à cela? Qui fait attention et désormais écoute? Qui donc a livré Jacob au spoliateur et Israël aux pillards? N'est-ce pas Yahvé contre qui nous avions péché, dont on n'avait pas voulu suivre les voies, ni écouter la Loi? Il a répandu sur lui l'ardeur de sa colère et la fureur guerrière; tout autour elle porta l'incendie, et lui n'a pas compris, elle l'a brûlé, et il n'y a pas pris garde. » Is, 42,18-25 Notons au passage que Dieu n’abandonne ni son serviteur, ni aucun homme. Mais dans son amour et par respect de la dignité humaine qui comprend liberté et responsabilité, Il demande la coopération des hommes. Cette preuve d’amour et de dignité de l’homme a un revers dramatique : l’homme peut refuser de servir, plongeant ainsi le monde dans la détresse et laissant au mal toute latitude pour accroître son empire destructeur. Il est tout à la fois magnifique et terrifiant de contempler ce mystère de la coopération de l’homme à l‘œuvre divine. L’amour de Dieu et la dignité de la personne humaine, libre et responsable sont la raison d’être de notre coopération. Dieu n’a pas créé des marionnettes serviles, mais des hommes dotés d’un cœur. La splendeur de cette création a une contrepartie nécessairement douloureuse. L’homme est libre de choisir d’autres maîtres ou d’être son propre maître. Nous entrons là de pleins pieds dans le péché originel. Car le péché d’Adam et Eve n’est autre qu’un refus de servir Dieu en se constituant son propre maître.
C’est pour cela que « "Comme par la désobéissance d'un seul la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l'obéissance d'un seul la multitude sera constituée juste" (Rm 5,19). Par son obéissance jusqu'à la mort, Jésus a accompli la substitution du Serviteur souffrant qui "offre sa vie en sacrifice expiatoire", "alors qu'il portait le péché des multitudes" "qu'il justifie en s'accablant lui-même de leurs fautes" (Is 53,10-12). Jésus a réparé pour nos fautes et satisfait au Père pour nos péchés (cf. Cc. Trente: DS 1529).[11] »
Nous comprenons combien dès lors ‘habiter son quotidien du désir de Dieu’ peut, pour un chrétien changer radicalement son agir et par lui la face du monde jusque dans ses dimension socio politiques.
[1] VTB article ‘serviteur de Dieu’ [2] Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote. [4] Chrysostome S Mat Homélie 78
[5] VTB, article ‘serviteur de Dieu’ : « Dans la Bible, c’est un titre honorifique pour les collaborateurs de Dieu… Dès les premiers temps, le peuple élu est infidèle à sa vocation de serviteur, indocile aux serviteurs de Dieu (Dt 9, 24 ; Jr 7, 25). Aussi est-il châtié par l’exil au moyen d’un roi païen qui à ce titre est serviteur de Dieu (Jr 27, 6). » [6] Bossuet : Méditations, 88° jour [8] Ps 143,2 « n'entre pas en jugement avec ton serviteur, nul vivant n'est justifié devant toi. »
[9] S Bernard Sermon du temps 3 121 [10] Dire 'je crois' nous invite toujours à une relation de confiance avec la personne ou la chose à, ou en laquelle nous croyons. Confiance aussi en la personne qui nous parle de l’objet de notre croyance. Le fait de croire est donc une question de confiance et de fait cela introduit une relation entre celui qui croit, celui qui est cru et celui ou ce qu’on croit. D’ailleurs, le mot foi, en latin fidus, veut dire confiance. Mais la confiance n’est pas nécessairement innée. Surtout dans notre humanité parfois et souvent trompeuse, la méfiance tendrait à devenir un réflexe. Il faut donc quelque chose de plus ou de préalable à la confiance. Dans l’ordre de la foi chrétienne, le diable croit en Dieu, il est même sûr de son existence. Pouvons nous dire pour autant qu’il fasse confiance au Bon Dieu ? La Foi chrétienne est donc plus que le fait de croire, plus que le fait d’avoir confiance, plus que le fait d’avoir une relation avec celui auquel nous croyons. Pour croire, il faut d’abord faire confiance. Mais pour faire confiance, il faut d’abord qu’il y ait amour ou que l’expérience vécue ait déjà éprouvé la confiance. Faisons-nous confiance à ceux qui nous veulent du mal, à ceux qui nous jalousent, à ceux qui nous exploitent ? Si l’autre ne nous a pas démontré que nous pouvions lui faire confiance, si nous ne le connaissons pas vraiment et si nous n’avons aucun rapport d’ordre amoureux ou amical, sommes nous si prompt à lui faire confiance ?
Pour la foi en Dieu il en va de même. Pour croire, il me faut avoir confiance en celui qui me parle de Dieu, en Dieu lui-même. Pour avoir confiance, il me faut ou avoir déjà éprouvé cette confiance, ou aimer Dieu. Pour aimer et faire l’expérience de Dieu il me faut le connaître et savoir le reconnaître.
Aussi la foi en Dieu passe-t-elle nécessairement par la connaissance et un minimum de vie avec Dieu. On ne peut pas aimer quelqu’un qu’on ne connaît pas, on ne peut connaître quelqu’un qu’on n’aime pas car on lui restera toujours étranger. En fait la foi est une relation d’amour entre Dieu qui aime l’homme et l’homme qui cherche à aimer Dieu. La foi n’est pas une application mécanique de rites, ni la simple connaissance et certitude de l’existence de Dieu.
La foi est une adhésion profonde de tout son être, de toute sa personne, de tout son cœur et des moindres parcelles de sa vie à un Dieu qui n’est pas un objet, mais un Être vivant aimant.
Extrait de l’introduction au cours sur la Trinité Cyril Brun Prytanée 2001 ‘Quelques mots sur la Trinité’
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