Cyril Brun
Après une maîtrise d'histoire médiévale, trois années de philosophie, un DEA d'histoire patristique, deux années de théologie, je poursuis mes recherches sur l'application de la foi chrétienne dans la société en économie et en politique. Je suis membre du GRHIS de l'Université de Rouen. Directeur de l'Institut Guillaume de Volpiano de septembre 2006 à juin 2007. Actuellement, j'achève ma thèse et une formation en théologie à l'Université Pontificale de la Sainte Croix à Rome.
Depuis 2001, je me suis spécialisé en Doctrine Sociale de l'Eglise. Je viens d'achever un livre , Pour une spiritualité sociale chrétienne, aux Editions Tempora.
http://www.editionstempora.fr/
Vous pouvez également me retrouver sur Christicity.com (http://www.christicity.com)
Musicien, ancien chef d'orchestre (j'ai suivi les cours de direction au CNR de Lyon) , ancien directeur artistique de l'Abbaye de Fécamp, j'occupe ce qu'il me reste de temps libre à ma passion, les spectacles musicaux, entre deux sorties en aviron ou à la montagne et quelques articles dans le magazine Res Musica.(www.resmusica.com)
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Pour conclure, je voudrais résumer ces quelques considérations en prenant comme base l’intercession. Avant tout autre chose, il faut considérer que l’efficacité de la prière tient dans l’amour que je mets à faire cette prière. Dans la prière ce n’est évidemment pas moi qui agis directement pour la personne, mais je demande à Dieu de faire quelque chose pour une personne, ou une situation. Je prie du reste pour une situation que je ne peux dénouer seul et qui nécessite l’intervention divine, mais ma prière est ma part dans le dénouement de la situation ; de l’intensité de ma prière dépendra donc ma part dans le dénouement. N’oublions pas que nous sommes coopérateurs de Dieu. Dieu a choisi de vouloir nous associer à son œuvre de salut, car notre prière d’intercession ne peut porter que sur le salut. Ne nous attendons pas à être exaucé si notre demande est contraire au plan de Dieu. Or le plan de Dieu est que chaque homme soit uni à lui. Aussi, même si nous demandons des choses bonnes en elles-mêmes, elles ne nous seront accordées que si elles nous permettent d’avancer vers Dieu. Voilà pourquoi toutes nos demandes ne sont pas systématiquement exaucées. Une sucrerie n’est pas en soi une chose mauvaise, mais si l’enfant est diabétique, il serait mal venu que les parents accèdent à sa demande ; il en va de même pour nos demandes auprès de Dieu. C’est pour cette raison que la meilleure des prières doit être purifiée par deux demandes du Notre Père ‘Que ta volonté soit faite’ et ‘Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour’. Dans nos détresses et dans celles de ceux pour qui nous prions, nous ne sommes pas forcément clairvoyants. Il nous faut d’abord demander à Dieu le discernement, puis l’aide pour accepter de recevoir selon sa volonté. Cela suppose d’abord notre confiance en lui.
En demandant à Dieu de donner, à nous comme à ceux pour qui nous prions, que la volonté de Dieu soit faite, nous sommes sûrs de demander des choses bonnes et donc d’être exaucés. Ne nous préoccupons pas de connaître le vrai besoin de la personne, sauf si nous devions être amenés à lui procurer directement ce qu’il lui faut ; au contraire confions à Dieu cette charge qui nous dépasse. Notre prière est donc un appel à Dieu pour qu’il se tourne vers ceux que nous lui recommandons.
Cela voudrait-il dire que Dieu ne s’occupe des hommes que lorsqu’il est sollicité par eux ou pour eux ? Certes pas ! Mais Dieu nous a fait solidaires et responsables les uns des autres. Nous sommes responsables les uns des autres parce que nous sommes à l’image de Dieu et à ce titre l’amour, et donc l’attention aux autres, fait partie de nous-mêmes. Nous sommes responsables également parce que nous nous sommes unis au Christ sauveur et que, comme dit saint Paul, j’achève dans ma chair ce qu’il manque à la croix du Christ. Non pas que la croix soit inefficace par elle-même, mais nous sommes le corps du Christ et à ce titre nous avons notre part à prendre dans le salut. Aussi, Dieu nous confie-t-il les uns aux autres et tout en prenant soin de chaque homme, entoure d’une attention particulière ceux qui lui sont recommandés. En fait, c’est notre recommandation qu’il transforme en grâce. Car notre recommandation n’est pas une simple sonnette d’alarme pour éveiller l’attention de Dieu, elle est notre participation active que Dieu laisse à notre liberté. Aussi, plus ma recommandation sera insistante, plus elle sera porteuse de grâce.
La question qui se pose alors est : « Quelle forme doit prendre cette recommandation ? » Car il est évident que le simple fait de dire à la va vite : « Seigneur je vous confie untel » est une fort légère participation que je daigne donner entre deux autres activités. Pour faire court, l’unique forme de participation est l’amour. Ce ne sont pas les œuvres accumulées qui rendront efficace la prière, mais l’intensité amoureuse de mon acte. Comment cela se peut-il ? Dieu créa par amour. Seul l’amour est créateur. Aussi, à chaque fois que je pose un acte d’amour, je participe à l’action créatrice de Dieu. Dieu utilise alors ce bien créé pour le redéployer aux hommes ; donc, plus je mettrai d’amour dans mes actes, plus ma recommandation sera porteuse de fruits. Voila pourquoi sainte Thérèse de Lisieux affirmait que l’on pouvait sauver le monde en ramassant une aiguille, pourvu que ce geste ordinaire et anodin soit fait avec le plus pur amour. Disons au passage que c’est parce que l’acte de sacrifice du Christ sur la croix était un acte d’amour pur qu’il était salvifique ; c’est pour cela aussi que de leur vivant les saints pouvaient obtenir des miracles. Leur prière était un acte d’amour. Il faut donc que notre prière, ou notre sacrifice, soit d’abord un acte d’amour. Plus cet acte sera pur, c'est-à-dire gratuit, désintéressé et charitable, plus ma part et l’efficacité de mon intercession seront grandes. Mais ne nous y trompons pas, c’est Dieu qui agit, car cet acte d’amour, je le lui donne et c’est lui qui le transforme en grâce. Il n’y a rien de magique ni de dû. Aussi il n’est pas tant nécessaire d’accumuler des actions héroïques et des prières sans fin que de faire de petites choses avec un grand amour. Pour bien prier il faut d’abord bien aimer ; il faut exciter son amour, le faire grandir et le désintéresser. Il prendra alors toute son efficacité.
C’est pourquoi je comparerai la prière d’intercession à un bouquet. Si nous sommes ordinairement tournés vers Dieu, c’est qu’en nous déjà il y a de l’amour et cet amour est déjà porteur de grâce, même si je ne fais que confier distraitement une intention, car elle repose sur un terreau d’amour. Il est évident que plus ce terreau sera amoureux, plus il sera en soi porteur de fruit et plus mes actions quotidiennes seront porteuses, par elles-mêmes, de fruit. Mais sur ce terreau, je peux y planter des fleurs diverses simplement en prenant un peu de temps pour prier, pour intercéder. Le fait de se retrancher, de choisir d’aller prier est aussi un acte d’amour qui vient se surajouter à ce terreau. Et de même, plus cet acte d’aller prier sera pur et amoureux, plus, il sera à son tour porteur de fruit. Aussi, même si je suis fatigué et que je n’arrive pas à être attentif, le fait d’être là par amour est déjà une participation amoureuse au salut. Maintenant, je peux encore aller plus loin en confectionnant moi-même le bouquet. Je prie pour telle personne et sur ce terreau rehaussé du temps pris pour la prière, je viens avec amour déposer une fleur. Plus je mettrai d’amour à prier pour cette fleur-là, plus son parfum sera transformé en grâce par Dieu.
En fin de compte, je peux intervenir à trois niveaux : tout d’abord par une disposition amoureuse ordinaire que je dois faire grandir (le terreau) ; ensuite par ce temps que je choisis de passer par amour, au salut et à l’intercession (le bouquet) ; enfin à la confection de chacune des fleurs, de sorte que le simple fait de prier est en soi porteur de fruit, mais certains jours je serai plus en forme ou plus disponible pour faire de belles fleurs. Mon acte d’amour porte donc sur ma disposition générale à aimer, la disponibilité que je mets au service d’autrui par amour et l’amour même de la personne ou de la cause pour laquelle j’intercède.
Bien sûr nous ne savons pas aimer comme il faut et notre première prière, avant toute autre intercession, est de demander l’intervention du Saint-Esprit pour qu’il réchauffe notre cœur et nous fasse toujours aimer plus et mieux, pour qu’il purifie nos intentions et nos intercessions. Pour bien prier, pour bien servir, il faut bien aimer. Aussi, après avoir invoqué le Saint-Esprit pour qu’il réchauffe notre cœur, il ne faut pas hésiter à implorer le Christ lui-même : « Jésus doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ». Plus notre cœur sera brûlant d’amour plus notre prière sera efficace. Que Dieu nous donne un cœur brûlant d’amour, mieux encore, que Dieu fasse de tout notre être un cœur brûlant d’amour, de sorte que chacun de nos actes soit une prière amoureuse et constitue ainsi un terreau riche et fertile.
Ces prémices accomplies, confectionnons notre bouquet fleur après fleur. Comment les confectionner avec amour sans nous enfoncer dans une routine répétitive et mécanique ? Le mieux est de demander l’aide de grands intercesseurs. Marie est notre plus grande avocate, prenons là comme guide. Mieux encore, entrons dans sa propre prière et confions-lui la charge de nos propres intercessions : « Ô Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour ……, pauvre pécheur, maintenant et à l’heure de sa mort. » En entourant la personne du manteau de la Vierge, nous faisons davantage ressortir à notre cœur le nom même de celle que nous confions. Ici la routine est brisée et nous rappelle à notre intention. La prière même de l’Ave est comme le cocon duquel nous entourons, par la récitation de ces mots mille fois répétés, le nom même de celui pour qui nous prions, ce qui nous laisse le temps de nous recentrer sur cette intention et de la présenter à Dieu comme le papillon sortant de sa chrysalide.
C’est ce papillon que Dieu prend et charge de ses grâces pour les répandre sur la personne pour laquelle nous prions. Il est évident que plus nous confectionnons ce papillon avec amour, plus il sera beau et digne de porter les grâces du Seigneur. Pour l’embellir encore, nous pouvons le confier aux saints patrons et à d’autres intercesseurs, comme saint Dominique qui passait ses nuits à prier pour la conversion des âmes.
« Ô Sainte Marie, Mère de Dieu, Saint Dominique, Saint François Xavier, priez pour Xavier, pauvre pécheur, maintenant et à l’heure de sa mort. »
Invoquons Marie avec amour, aimons la cause ou la personne pour qui nous prions, soyons des amoureux toujours plus fervents de Dieu, par la grâce de l’Esprit- Saint.
Mais la prière la plus efficace est celle-là même par laquelle Dieu veut être prié, celle que nous a laissée le Christ, le Pater. Je ne donnerai pas un commentaire de cette prière, d’autres, et des grands, l’ont fait mieux que ce que je pourrais effleurer. Que voulons-nous au fond, sinon le bonheur de celui pour lequel nous prions ? Alors tout est dit !
Notre Père qui êtes aux cieux que votre nom soit sanctifié (honoré et aimé) par Pierre, mais aussi en lui et pour lui.
Que votre règne vienne (que votre vie amoureuse avec lui) en lui, par lui et pour lui. (Qu’il l’inonde, qu’il en soit rayonnant pour les autres, qu’il en vive)
Que votre volonté (l’application amoureuse de vos commandements qui conduisent à l’amour et à la liberté) soit faite en lui, par lui et pour lui, sur la terre comme au ciel.
Donnez-lui aujourd’hui son pain quotidien (ce dont il a besoin pour être heureux, libre et s’accomplir, pour vous aimer).
Pardonnez-lui ses offenses.
Qu’il pardonne aussi à ceux qui l’ont offensé. (Pardonner n’est pas toujours facile, Seigneur ! Donnez lui cette force du pardon).
Ne le laisser pas succomber à la tentation (soyez son soutien, augmentez en lui son amour de vous pour qu’il vous choisisse toujours plus).
Délivrez-le du mal (de ce qui l’enchaîne, l’entrave et l’avilit. Faites-en un homme libre et digne).
Ce n’est qu’une suggestion de prière d’intercession. Il faut laisser l’Esprit- Saint nous guider vers ce qui nous permettra de mettre le plus d’amour. Il n’est pas tant besoin de beaucoup prier, mais de beaucoup aimer. Il n’est pas utile de multiplier les heures de prières, mais d’accroître l’intensité amoureuse que l’on y consacre. C’est pourquoi, poser des actes amoureux dans sa journée en faveur de telle intercession est sans doute une fleur encore plus belle à déposer sur le bouquet.
Pour être tout à fait honnête, en ayant dit ces quelques mots sur la prière, je n’en ai finalement pas dit grand-chose. Le meilleur résumé me paraît cette triple citation de l’introduction à méditer : ‘Élévation de l’âme vers Dieu’ ; ‘Une douce amitié entre un père et son fils’ ; ‘une nourriture de l’âme’. L’oraison est profondément un cœur à cœur amoureux dans lequel l’âme ne fait plus qu’un avec l’objet de son désir. Pour mieux comprendre cette union de l’âme et du désir, il conviendrait d’entrer davantage dans l’amour. Mais il est vrai que le plus sûr chemin de l’amour est l’oraison. Allez à l’oraison et laissez-vous faire par Dieu. Il est le maître de l’oraison. Lui vous enseignera. Ces subtilités de l’amour tendent malheureusement à m’échapper. J’aimerais parfois avoir moins de pudeur pour mieux en parler. Je préfère laisser le mot de la fin à l’un des hérauts de la prière :
« Toute âme, même chargée de péchés […] en dépit de sa damnation et de son désespoir, peut encore trouver en elle-même les raisons, non seulement d’aspirer aux noces du Verbe, pourvu qu’elle ne craigne pas de conclure un traité d’alliance avec Dieu et de se placer avec le roi des anges sous le joug de l’amour. Elle peut se permettre toutes les audaces envers celui dont elle est l’image glorieuse et dont elle porte noblement la ressemblance. […] L’époux n’est pas seulement un amant, Il est l’amour. » (S. Bernard, Cant., sermon 83)
Bibliographie
Dans la bibliographie qui suit, m’est avis qu’il n’est pas nécessaire de passer par les trois premiers ouvrages qui n’iront pas vraiment au-delà des quelques lignes qui précèdent. Après cette imparfaite introduction, il vaut mieux se lancer directement dans les bras des ‘experts’.
Fr. Charmot, s.j., L’oraison, échange d’amour.
B.Bro, Apprendre à prier.
Un moine, L’ermitage.
Frère Vesco, o.p., Conférence sur les psaumes.
L’oraison en quelques mots, Cahiers de Montligeon, Mai-juin 2002.
Saint Alphonse de Ligori, Le grand moyen de la prière.
Sainte Catherine de Sienne, Dialogues
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Si le Père et le Fils sont un, l’oraison est aussi un échange d’amour avec le Fils. Or, nous sommes le corps du Christ. Le Christ est tellement uni à son corps mystique qu’il est notre oraison même. Il n’y a pas de véritable oraison en nous qui ne soit l’oraison du Fils. Nous prions par Lui, avec Lui et en Lui ; nous sommes faits ce qu’Il est lui-même, enfant du Père par l’onction de l’Esprit : « Nous avons été faits le Christ » dit saint Augustin.
Per Ipsum : La grâce du Christ est la source à laquelle toute âme puise sans jamais l’amoindrir : « Le Christ Jésus, telle une vigne à ses sarments, verse la sève, infuse sans cesse aux justes une vertu qui prépare, accompagne et suit les bonnes œuvres et de qui elles tirent valeur et mérite aux yeux de Dieu. » (Concile de Trente).
In Ipso : Nous sommes plongés dans le Christ, le Christ est en nous et nous sommes en Lui. « Vous êtes tous fils de Dieu dans le Christ Jésus, par la foi […] vous avez revêtu le Christ ; vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ. » (Gal 3, 16-21) C’est ce que l’on appelle le Christ Total.
« Nous avons été faits concorporels dans le Christ, nourris d’une même chair et unifiés par le sceau d’un même Esprit ; et comme le Christ est indivisible, nous sommes tous un en Lui, suivant le corps et suivant l’Esprit. » (Saint Cyrille de Jérusalem). Ceci n’étant accompli en perfection que dès lors que l’âme unie à son époux devient épouse et donc ne fait plus qu’un avec lui. « Le Christ, avec toute son Église, soit celle qui travaille sur la terre, soit celle qui règne déjà au ciel, est une seule personne. Et comme il n’y a qu’une âme pour vivifier les divers membres d’un même corps, ainsi, l’unique Esprit Saint vivifie et éclaire l’Église entière. » (S. Grégoire le Grand). Aussi, comme Fils, Jésus est-il toujours totalement tourné vers le Père. Tous les aspects de la prière humaine sont donc en lui : action de grâce adoration, louange, intercession, obéissance, sacrifice. Car la prière c’est bel et bien tout cela. Dans cet échange d’amour, qu’est l’oraison, le Christ agit non seulement comme le Père qui est la cause de tous les biens, mais avec le Père, comme la personne par la quelle et dans la quelle nous prions. Il s’unit à nous de telle façon que ce n’est pas seulement nous qui prions, mais le Christ Lui-même en nous.
In Ipso, cum Ipso. Avec Lui et en Lui, nous cessons d’être livrés à nos propres ressources, nous empruntons tout ce qui fait la valeur de notre oraison et notre misère devient une enveloppe vide qui contient un or précieux, un encens et une myrrhe d’un prix quasiment infini. « Dieu ne pouvait pas faire aux hommes un plus grand don que de leur donner comme tête son Verbe par lequel il a fait toutes choses et de les rattacher à cette tête comme des membres. Ainsi, le Verbe devient-il Fils de Dieu et Fils de l’homme, un seul Dieu avec son Père, un seul homme avec les hommes. Quand donc nous présentons à Dieu nos supplications, ne nous séparons pas du Fils ; quand prie le corps du Fils qu’il ne se sépare pas de la tête (…) Il prie pour nous comme notre prêtre ; il prie en nous comme notre tête, il prie par nous comme notre Dieu. »( S. Augustin) Voilà pourquoi, la Messe est la prière du Christ L’oraison se révèle finalement un entretien du Fils de Dieu en nous avec le Père. Si nous voulons faire une bonne oraison, il nous faut alors louer Dieu par et avec le Fils. L’oraison consiste donc à faire prier le Christ en nous, parler et vivre le Christ en nous et à recevoir son Esprit d’une façon intense. Comme chrétiens, nous portons les intérêts de la Chrétienté avec Jésus et nous en traitons avec le Père au moment de l’oraison. Aussi pouvons nous affiner notre définition : l’oraison est une invitation d’amour du Père à traiter avec Lui des intérêts du Christ.
C’est enfin par la mission du Saint-Esprit que le Père et le Fils se donnent et sont donnés, c’est par elle qu’Ils habitent en nous. Le don que nous fait Dieu est l’Amour c’est à dire le Saint-Esprit. Le Père et le Fils nous aiment comme ils s’aiment eux-mêmes par le Saint-Esprit. L’oraison est donc tout d’abord une grâce due à l’initiative gratuite du Père et du Fils qui descendent jusqu’à nous pour nous donner leur amour. Mais ce don n’est pas seulement un acte ou une source, c’est une personne, personne égale aux deux autres et inséparables d’elles. Cette personne, le Saint-Esprit, est donc le principe de notre unité avec Dieu, il agit comme un lien ; mais c’est beaucoup plus encore puisque Dieu, Père, Fils et Esprit, demeure en nous et nous en Dieu : c’est une communion. « Pour exprimer la tendresse réciproque du Verbe et de l’âme, on n’a pas trouvé de noms plus doux que ceux d’époux et d’épouse ; car entre eux tout est commun ; chacun ne possède rien en propre qui ne soit aussi à l’autre. » (S. Bernard, Cant. Serm VII) Dans l’oraison à laquelle le Père nous invite, le Verbe vient à nous comme l’époux de notre âme avec l’amour du Saint-Esprit, prêt à nous faire participer à la plénitude de sa divinité. « De là vient que l’état de ces âmes est semblable à celui du bois qui est toujours assailli par le feu ; les actes de cette âme sont la flamme qui procède du feu d’amour, laquelle sort avec d’autant plus de véhémence que le feu de l’union est véhément, car en cette flamme les actes de la volonté, ravie et absorbée en la flamme du Saint-Esprit, s’unissent et montent à Dieu. […] Et ainsi, en cet état, l’âme ne peut exercer d’acte. C’est le Saint-Esprit qui les faits tous et y meut l’âme. »( S. Jean de La Croix, Vive flamme d’amour, Str 1,1). L’âme est ainsi élevée à une opération de Dieu en Dieu.
Le chrétien n’est pas quelqu’un qui cherche ; il sait que Dieu l’a trouvé. Dès que nous osons enfin croire que nous sommes saisis par Dieu, la vie devient autre ; une nouvelle assurance s’établit en nous, accompagnée de paix et de joie. La prière devient alors l’affaire de Dieu. Nous ne cherchons plus à tendre vers Dieu puisque nous l’avons déjà atteint. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. » (S. Augustin). Nous nous reposons dans le but, c’est la jouissance; même dans mes distractions, si c’est Dieu qui m’a saisi, je demeure avec Lui. Soyons donc assurés d’une chose, si nous ne sommes pas épris de Dieu, nous ne saurons jamais prier et apprendre à prier ne serait qu’une mécanique vide : il faut d’abord aimer, et aimer un époux et un père.
L’exemple de la prière par excellence demeure le ‘Notre Père’. Aussi, pour avoir une idée du contenu de la prière, regardons le contenu du Pater. D’une manière générale regardons le Christ prier. Il commence toujours par une invocation au Père. Car le destinataire ultime de notre prière est bel et bien le Père. Le but que nous devons rechercher dans la prière c’est le royaume, la face de Dieu. Nous avons dans et par notre prière à construire le royaume pour nous et pour les autres. Aussi, comme les psaumes nous l’ont révélé, la prière comprend une part de louange, une part d’action de grâce, une part de supplication pour nous et pour les autres et enfin une demande de pardon. Comme le Christ, comme le psalmiste, notre prière doit animer nos activités quotidiennes et notre vie ordinaire, dans sa totalité doit être prière. Aussi, parfois, la meilleure façon de faire notre prière peut être d’ouvrir notre agenda et de donner existence en nous à chacun de nos actes devant Dieu. Que sera ma journée ? Sera-t-elle sous le regard de Dieu ? « Celui qui ne médite plus les vérités éternelles ne peut sans miracles vivre en parfait chrétien. » ( Marthe Robin) La prière est un grand moyen de salut : « Celui qui prie se sauve certainement, celui qui ne prie pas se damne certainement. » (S. Alphonse de Ligori) Et maintenant que nous savons que prier s’est d’abord aimer, nous comprenons le bien fondé de cette sentence apparemment sans appel. « La prière est le commencement, le progrès et le couronnement de toutes les vertus » (S. Charles Borromée)
Cela étant dit, les néophytes ne semblent pas plus avancés. Or il faut bien commencer un jour et par quelque chose ! Alors, où et comment prier ? Tout ce qui favorise l’intimité dispose à l’oraison.
Il convient de créer un climat de recueillement. Lorsque la prière sera vraiment devenue un acte d’amour, ces dispositions seront secondaires, comme les roulettes du vélo devenues inutiles au cycliste aguerri.
Le lieu peut aider : l’église, les beautés de la nature, ou tout autre disposition qui élèvent l’âme et l’apaisent.
Le temps diffère selon les états de vie. Il n’est pas demandé à un militaire de prier autant qu’un moine. Cela ne veut pas dire que sa sainteté sera moindre. La sainteté commence par le respect de son devoir d’état. Je ne serai heureux que si je suis là où Dieu m’attend. Trente minutes est cependant la bonne mesure, mais le plus important est de s’y tenir.
La fidélité est extrêmement importante. Seule elle nous permet de tenir dans les moments de doute et de difficultés. C’est un véritable contrat passé avec Dieu. Mieux vaut commencer petitement et grandir avec le temps. L’aide d’un conseiller spirituel est le gage d’une progression constante et fidèle ! Mais il n’y a pas de méthode type ni de miracle ; chaque oraison est personnelle et unique. L’essentiel est la rencontre de deux personnes. Le véritable obstacle à notre vie de prière vient d’un amour désordonné : l’amour de nous-mêmes. Qu’est-ce que je préfère à Dieu qui m’empêche d’aller prier ?
Demeure qu’il y a dans le temps de prière une période préalable de mise en présence de Dieu. Ce moment où je sors de mes activités quotidiennes, la tête pleine de ce que je viens de faire et de ce que j’ai encore à résoudre, est un véritable sas de décompression. Ici toutes les méthodes peuvent être envisagées : changer de lieu, marcher, dire tout ou partie du chapelet, lectures bibliques ou spirituelles, invocations à la Vierge, aux saints ou à la Trinité, aide du Saint-Esprit, faire le vide … C’est un moment important qui sera décisif pour mon oraison. Il faut se rassembler intérieurement ; plus notre vie est agitée, plus le sas est important ; plus ma vie deviendra prière, plus cette étape se réduit.
Vient alors le temps de la discussion avec Dieu. Temps où je lui confie mes intentions, je prie pour moi et les autres, je prends la mesure de ce qu’Il attend de moi, je lui soumets mes problèmes etc. ; c’est la supplication psalmique qui, souvenons-nous, ouvre rapidement au temps le plus délectable de la contemplation : découvrir un peu de Dieu dans un face à face amoureux, pour cela il suffit de se laisser conduire, c’est Dieu qui se révèle à moi. Nous pouvons partir d’un support, telle manifestation de Dieu que nous méditons, mais laissons nous saisir par Dieu qui nous enseigne, qui se révèle qui se découvre qui se livre et se laisse saisir par ceux qui l’aiment. Si je sens la présence de Dieu, que je laisse mon chapelet inachevé pour goûter cette ineffable présence. Il n’est pas important d’aligner des actes de prière, puisque la prière est une rencontre intime et réelle. Alors tout naturellement notre prière s’achèvera en action de grâce, parce que l’amour vécu nous y poussera, nous retrouverons la louange et au-delà l’union intime, car la contemplation n’est que la première étape de la béatitude. La fin de l’homme n’est pas seulement de regarder Dieu, mais de s’unir à Lui et ne faire qu’un avec Lui. C’est pour cela que la prière peut être spontanée et à tout instant.
Notons enfin que nous sommes corps et âme. Notre être tout entier est concerné par la béatitude que Dieu nous promet et dont Il nous donne un avant goût dans la prière. Il convient donc de faire participer le corps pour qu’il ne soit pas une gêne. Au demeurant, l’offrande de nos souffrances peut tenir lieu d’oraison. En outre les positions peuvent changer et traduire quelque chose qui se passe en nous. Saint Dominique avait neuf attitudes de prière. Plus le désir de l’union augmente en nous, plus notre âme tend vers Dieu au point que le corps lui-même se révèle une telle gêne que l’âme n’a plus d’autre désir que d’être soustrait à sa pesanteur pour ne plus être distrait par lui, un seul instant de cette douce délectation. Mais avant d’en arriver là, il ne faut pas se voiler les réelles difficultés. La prière n’est pas un moment facile. C’est un temps de combat. Combat pour y aller, combat pour y demeurer, combat pour rester en présence de Dieu. Cela demande souvent une vraie forme physique. La fidélité prend dès lors toute son importance. J’y vais parce que Dieu m’attend. J’y vais parce que je l’aime. Même dans la sécheresse il faut y aller. C’est de toute façon du temps pour Dieu et Lui est présent. Même si je ne sens rien, il est là. Mais son désir est que je vienne à lui pour lui et non pour en retirer une consolation. Les différentes méthodes ne doivent pas alors devenir le moyen de passer le temps, de meubler ! Il n’y a pas de prière sans silence. N’ayons pas peur de ce silence. Nous avons mille raisons d’arrêter de prier, mais une de continuer : le commandement et l’exemple du Christ. L’amour. « La fidélité à l’oraison requiert un courage plus grand que celui du soldat au combat. » (Sainte Thérèse d’Avila) Jésus ne fait pas une prière, mais est en prière. « Il faut se souvenir de Dieu plus souvent que l’on respire. » (S. Grégoire de Nazianze)
Dans les difficultés nous pouvons identifier deux types de cause, pour faire court. Les causes volontaires d’abord : acceptation des distractions, absence de préparation, dissipation de la vie, immortification des sens (je me laisse guider par eux) ; et les causes involontaires : instabilité des puissances de l’âme (orgueil..) et le démon.
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Dans une courte allocution, mardi 8 avril, Benoît XVI, parlant de sa visite du 18 avril prochain à l’ONU, a déclaré qu’il y allait pour « proclamer cette grande vérité : Jésus-Christ est l'espoir pour les hommes et les femmes de toutes langues, races, cultures et conditions sociales ». Le pape entend y apporter « le message d'espoir chrétien [...] aux représentants de tous les peuples du monde ». Car « plus que jamais, le monde a besoin d'espoir, espoir de paix, de justice et de liberté, mais cet espoir ne peut être accompli sans obéissance à la loi de Dieu, que le Christ a portée à son accomplissement dans le commandement de s'aimer les uns les autres ». « Faites aux autres ce que vous aimeriez qu'ils fassent pour vous, évitez de faire ce que vous ne voudriez pas qu'ils vous fassent, cette ‘règle d'or’ est donnée par la Bible, mais elle est valable pour tous, même pour les non-croyants […] C'est une loi inscrite dans le coeur humain, nous pouvons tous nous y retrouver. »
Après la courte polémique orchestrée par les journalistes à la fin de l’année 2007, prêtant à Benoît XVI de fallacieux propos contre l’ONU, le pape entend donc se rendre au palais de verre, comme Paul VI et Jean Paul II, en tant que chef de l’Église catholique, vicaire du Christ, pour parler en son nom. Les différentes allocutions du saint Père et ses deux encycliques montrent bien sa préoccupation essentielle : tourner le regard des hommes vers le Christ. Il me semble que cette préoccupation devrait être la source de l’action de tout chrétien et particulièrement de tout chrétien engagé dans le monde politique, économique et social. Malheureusement, nous constatons bien souvent une étrange dichotomie entre l’agir chrétien et le but vers lequel tend cet agir, entre faire des choses chrétiennement, dans un esprit chrétien, avec des valeurs chrétiennes, et conduire chaque homme au Christ. Car le but et la raison d’être de l’Église, le but et la raison d’être de la mission, de l’évangélisation, n’est pas de faire une société culturellement chrétienne, mais de mettre le Christ dans le cœur des hommes ; or nous oublions bien souvent que pour le chrétien ce qui est central, c’est le Christ.
Qu’est ce que cela veut dire ? Qui est le Christ ? En effet si être chrétien c’est être disciple du Christ, la première des questions est de savoir qui l’on suit. Or dans bien des cas et particulièrement dans l’agir socio-politique, le Christ est réduit à un exemple à suivre ou relégué à la sphère privée, quand il n’est pas instrumentalisé. Certes le Christ a prêché aussi par son exemple, son comportement, mais il n’a jamais laissé de normes politico-sociales ! Il est venu non pour donner un régime politique, mais pour révéler et relever la nature la plus profonde de l’homme. Avant tout autre chose, le Christ est venu pour l’homme. Il n’est pas venu pour une société, pour un système, mais pour l’homme et pour un peuple. Cette double dimension de la mission du Christ nous invite donc à porter notre regard sur l’homme et le peuple. C’est, ayant appris du Christ qui est l’homme et quel est ce peuple, que le disciple peut alors se mettre à sa suite et remplir en lieu et place du maître la mission qui lui revient ; mais bien souvent nous assistons à des missions autoproclamées qui se trouvent bien loin de la mission du Christ. Le Christ n’est pas venu faire du politiquement correct ni émouvoir, avec des paroles choisies, la sensibilité des hommes, or malheureusement nombre de nos engagements chrétiens prennent cette voie-là. Le christianisme devient social au sens actuel du terme ou schizophrène : on agit pour les pauvres, on lutte contre les souffrances et cela devient une fin en soi ; on vit professionnellement, civiquement d’une manière et, en famille, d’une autre. Certes, il est éminemment chrétien de lutter contre l’injustice, contre la faim, la souffrance, mais ce n’est pas d’abord ce qu’est venu faire le Christ ; ce n’est donc pas non plus la mission première du chrétien, même si cet aspect est inséparable de la mission première puisqu’elle la nourrit, l’accompagne et peut en être la conséquence.
Le Christ est venu pour que l’homme ait la vie en plénitude ; aussi le chrétien, en mission au nom du Christ, est là pour que l’homme ait la vie en plénitude. Le chrétien n’est pas un membre d’une association de charité, même si c’est la charité qui préside à l’ensemble de ses actes. Le chrétien est avant tout un membre du corps ressuscité du Christ, participant de la mission même du Ressuscité : donner la vie en abondance par le retour vers le Père. La mission unique, mais fondamentale du Christ et donc du chrétien, la voici : donner Dieu au monde pour que, par le Christ, l’homme ait la vie en abondance. Mais la vie en abondance ce n’est pas une vie terrestre si belle soit-elle, car cette vie de par sa finitude ne peut être abondante, ni en plénitude. À vouloir soulager les misères du monde, nous avons peut-être oublié que ce monde n’est pas la Terre Promise par Dieu. La Terre Promise, notre héritage, l’objet des soins même de la Trinité, la raison d’être de la croix du Christ c’est Dieu lui-même. Or à chercher la meilleure vie possible ici-bas, on en oublie de chercher la meilleure vie qui soit. Bien souvent pour améliorer la vie présente, on hypothèque la vie future. C’est ainsi que des chrétiens se déclarent pour l’avortement, pour l’euthanasie, pour le mariage homosexuel. Nous avons, par un excès de générosité et de compassion à la souffrance d’autrui, oublié ce qu’est la véritable félicité de l’homme. Nous sommes tellement dans cette course effrénée de la non-souffrance, voire de l’hédonisme, que nous ne voyons plus ce qui réellement comble l’homme. En recherchant les anti-douleurs, nous avons oublié de regarder la blessure et en fin de compte nous avons focalisé notre regard sur la souffrance et non plus sur la maladie et par là nous avons oublié qui est l’homme. Or le Christ nous révèle qui est l’homme et surtout nous révèle le chemin qui comble l’homme, comme Benoît XVI nous le rappelle dans ses deux encycliques et comme il le redira vendredi prochain au monde entier.
Certes nous devons soulager la misère de l’homme, mais en tant que chrétiens nous sommes appelés à soulager la douleur la plus fondamentale de l’homme, celle de sa rupture avec Dieu. Ne nous trompons pas de combat ! Jusque dans les plus infimes actions sociales, caritatives, c’est contre cette souffrance que nous devons lutter, parce que tant que celle-ci subsistera, toutes les autres subsisterons. C’est bien là une des grossières erreurs de nombre de ceux qui veulent utiliser la doctrine sociale de l’Église. Son but n’est pas de faire un monde meilleur et parfait, mais d’ouvrir les chemins du Père. La doctrine sociale n’est qu’un des moyens, très particuliers, de conduire au Christ. Si nous faisons de la doctrine sociale un ensemble de préceptes pour bien vivre ici-bas ou pour développer une culture chrétienne, nous demeurerons ici-bas ; or le Christ nous appelle à monter vers le Père. Si nous cherchons à soulager les misères présentes seulement pour ce monde-ci, nous nous fermons à l’espérance et nous ne vivons pas en chrétiens.
Peut-être nous faut-il, à nous chrétiens, redécouvrir le Christ ! Sa centralité, la réalité profonde de sa mission ; peut-être nous faut-il réapprendre à le regarder monter vers le Père ; peut être l’avons-nous un peu trop parcellisé entre un Christ terrestre qui pense aux souffrances présentes et un Christ céleste qui nous parle du Père, car lorsque le Christ guérit, c’est un signe de la venue du Royaume. La préoccupation du Christ est à chaque instant le bonheur ultime de l’homme. Ne dit-il pas à ses disciples qui s’indignent de l’argent gaspillé pour un parfum et que l’on aurait pu donner aux pauvres : « Des pauvres vous en aurez toujours » ? Cela ne veut en rien dire qu’il faut remettre en cause la générosité et la spontanéité du cœur, au contraire, mais ne perdons pas de vue que nous sommes témoins et acteurs d’une espérance qui va bien au-delà des biens de ce monde. Notre action, en tant que chrétiens, se révèle souvent bien stérile précisément parce que nous la référons trop aux réalités quotidiennes considérées comme des finalités, alors que ces réalités doivent être le point de départ pour une autre réalité plus haute qui est précisément l’objet de notre espérance, de notre foi, mais aussi de notre agir. Mais peut-être, là aussi et avant tout, avons-nous tous besoin de grandir ; peut être ne sommes-nous pas nous-mêmes aussi convaincus qu’il le faudrait que ces biens à venir sont les plus désirables.
Si Dieu a sacrifié son propre Fils ce n’est pas pour des biens périssables, mais pour un bien impérissable : le vrai bonheur de chaque homme.
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