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Dans sa dernière encyclique, Benoît XVI propose Populorum progressio comme encyclique des temps modernes.
L'occasion de souligner quelques points de cette encyclique de Paul VI.
Populorum Progressio
Sur le
développement des peuples
Paul VI
26 mars 1967
I. Appel
n°2 : Projeter sur les
questions sociales de leur temps la lumière de l’Évangile.
n° 3 : La question sociale est devenue mondiale.
n°5 : Création du conseil Justice
et Paix, chargé de susciter dans tout le peuple de Dieu la pleine
conscience du rôle que les temps actuels réclament de lui.
« Justice et paix est son nom et son programme. »
« Nous adressons
aujourd’hui cet appel solennel à une action concertée pour le développement
humain intégral et le développement solidaire de l’humanité. »
II. État des lieux
n°6 : Faire, connaître
et avoir plus, pour être plus : telle est l’aspiration des hommes
d’aujourd’hui, alors qu’un grand nombre d’entre eux sont condamnés à vivre dans
des conditions qui rendent illusoire ce désir légitime.
n°9 : Les conflits
sociaux sont élargis aux dimensions du monde (description de la situation).
n°10 : Le heurt entre
les civilisations traditionnelles et les nouveautés de la civilisation
industrielle brise les structures qui ne s’adaptent pas aux conditions
nouvelles. Le conflit social s’aggrave d’un tragique dilemme : ou
garder institutions et croyances ancestrales, mais renoncer au progrès ;
ou s’ouvrir aux techniques et civilisations venues du dehors, mais rejeter avec
les traditions du passé toute richesse humaine.
En fait, les soutiens
moraux, spirituels et religieux fléchissent trop souvent sans que l’insertion
dans le monde nouveau soit pour autant assurée.
n°13 : Désormais, les initiatives
locales et individuelles ne suffisent plus. La situation présente du monde
exige une action d’ensemble à partir d’une claire vision de tous les
aspects économiques et sociaux, culturels et spirituels.
III . Exposé de la notion
de développement
Désirant aider les hommes,
l’Église leur propose ce qu’elle possède en propre : une vision globale
de l’homme et de l’humanité.
n°14 : Le
développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être
authentique, il doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tout
homme et tout l’homme.
n°15 : Dans le dessein
de Dieu, chaque homme est appelé à se développer car toute vie est vocation.
Doué d’intelligence et de liberté, l’homme est responsable de sa croissance et de son salut. Par le seul effort de son intelligence et de sa volonté,
chaque homme peut grandir en humanité, vouloir plus, être plus.
n°16 : Cette
croissance n’est d’ailleurs pas facultative. La croissance humaine
constitue-t-elle un résumé de nos devoirs ? L’homme est par nature
appelé à un dépassement.
Par son insertion dans
le Christ vivifiant, l’homme accède à un épanouissement nouveau, à un
humanisme transcendant qui lui donne sa plus grande plénitude : telle est
la finalité suprême du développement personnel.
n°17 : Tous les hommes
sont appelés à ce développement plénier. Nous avons des obligations envers
tous. La solidarité universelle qui est un fait et un bénéfice pour
nous est aussi un devoir.
IV. Enjeux, écueils et moyens du développement
n°18 : Attention au
matérialisme.
n°19 : Avoir plus pour
les peuples comme pour les personnes n’est pas le but dernier. Toute croissance
est ambivalente. Nécessaire pour permettre à l’homme d’être plus homme,
elle l’enferme comme dans une prison dès l’instant qu’elle devient le bien
suprême qui empêche de regarder au-delà.
L’avarice est la forme la
plus évidente du sous-développement moral.
n°22 : Tous les
droits, y compris ceux de propriété, de libre commerce, sont subordonnés au principe de la destination
universelle des biens. Ils doivent en faciliter la réalisation et c’est un
devoir social grave et urgent de ramener tous ces droits à leur finalité
première.
n°23 : La propriété
privée ne constitue pour personne un droit inconditionnel et absolu. Le droit
de propriété ne doit jamais s’exercer au détriment de l’utilité commune.
n° 25 : L’industrie
est un signe et facteur de développement.
Il faut en toute justice
reconnaître l’apport irremplaçable de l’organisation du travail et des progrès
industriels à l’œuvre du développement.
n°27 : Le travail est
voulu et béni par Dieu. L’homme doit coopérer avec le Créateur à
l’achèvement de la création ; il marque à son tour la terre de l’empreinte
spirituelle qu’il a lui-même reçu. Tout travailleur est un créateur.
En accomplissant leur
travail, les hommes se découvrent frères.
n°28 : Attention, le travail
n’est humain que s’il reste intelligent et libre.
n°29 : Encore faut-il
que l’œuvre à accomplir progresse harmonieusement sous peine de rompre
d’indispensables équilibres.
n°30/31 : Face aux
injustices, on ne saurait combattre un mal réel au prix d’un plus grand malheur
(cf. insurrection).
n°32 : Le
développement exige des transformations audacieuses, profondément novatrices.
n°33 : La simple
initiative individuelle ne suffit plus. Des programmations sont donc
nécessaires pour encourager, stimuler, coordonner, suppléer et intégrer
l’action des individus. Il appartient aux pouvoirs publics de choisir,
voire d’imposer les objectifs à poursuivre, les moyens d’y parvenir. Mais
qu’ils aient soin d’associer à cette œuvre les institutions privées et les
corps intermédiaires.
n°34 : Tout programme
fait pour agrandir la production n’a en définitive de raison d’être qu’au
service de la personne. Il est là pour […] rendre l’homme capable d’être lui-même l’agent
responsable de son mieux-être matériel et de son épanouissement spirituel.
Il ne suffit pas
d’accroître la richesse commune pour qu’elle se répartisse équitablement. Il ne
suffit pas de promouvoir la technique pour que la terre soit plus humaine à
habiter.
Économie et technique n’ont
de sens que pour l’homme qu’elles doivent servir. Et l’homme n’est vraiment
homme que dans la mesure où il est lui-même auteur de son progrès.
n°35 : On peut même
affirmer que la croissance économique dépend au premier chef du progrès social.
Aussi, l’éducation de base est-elle le premier objectif d’un plan de
développement.
n°36 : Les anciens
cadres des pays en voie de développement, souvent trop rigides et mal
organisés, sont pourtant nécessaires encore un temps.
V . La famille
n°37 : Sans droit
inaliénable au mariage et à la procréation, il n’est plus de dignité humaine.
C’est aux parents, en
pleine connaissance de cause, de décider du nombre de leurs enfants en prenant
leur responsabilité devant Dieu, devant eux-mêmes, devant les enfants qu’ils
ont déjà et devant la communauté, suivant les exigences de leur conscience
instruite par la loi de Dieu authentiquement interprétée, et soutenus par la
confiance en Lui.
VI : L’action sociale
n°39 : Toute action
sociale engage une doctrine. Le chrétien ne saurait admettre une philosophie
matérialiste et athée. Mais, pourvu que les valeurs chrétiennes soient sauves,
un pluralisme des organisations professionnelles et syndicales est utile et
stimulant.
n°40 : Sont aussi à
l’œuvre les institutions culturelles. « L’avenir du monde serait en péril
si notre époque ne savait pas se donner des sages. » GS 15,3.
VII. Humanisme et humanisme
chrétien
n°42 : C’est un
humanisme plénier qu’il faut promouvoir. L’humanisme exclusif est un humanisme inhumain
(Lubac). Il n’est d’humanisme vrai qu’ouvert à l’absolu dans la reconnaissance
d’une vocation qui donne l’idée vraie de la vie humaine. Loin d’être la
norme dernière des valeurs, l’homme ne se réalise lui-même qu’en se
dépassant.
VIII. Œuvrer ensemble et
maintenant
n°43. Nous devons commencer
à œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité.
n°44 : Ce devoir
concerne en premier lieu les favorisés sous un triple aspect :
1. Devoir de solidarité : aide que les
nations riches doivent apporter aux pays en voie de développement.
2. Devoir de justice sociale : redressement
des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et faibles.
3. Devoir de charité universelle : promotion
d’un monde plus humain pour tous, où tous auront à donner et à recevoir.
n°47 : Il ne s’agit
pas seulement de vaincre la faim ni même de faire reculer la pauvreté, c’est insuffisant.
Il s’agit de construire un monde où tout homme puisse vivre une vie
pleinement humaine.
Cela demande aux riches
beaucoup de générosité, de nombreux sacrifices et un effort sans relâche. À
chacun d’examiner sa conscience.
n°48 : Chaque peuple
doit produire mieux et plus.
n°50 : Un programme
est mieux qu’une aide occasionnelle laissée à la bonne volonté de chacun. Il
donne sens et valeur à l’œuvre à réaliser.
n°51-53 : Création
d’un fonds mondial.
n°55 : Il y va de la
vie des peuples pauvres, de la paix
civile dans les pays en voie de développement et de la paix du monde.
n°58 : La règle du libre
échange ne peut plus à elle seule régir les relations internationales. Ses avantages sont évidents quand les partenaires sont dans des situations
pas trop inégales. Il n’en va pas de même quand elles sont trop inégales.
n°59 : La liberté
des échanges n’est équitable que soumise aux exigences de la justice sociale.
n°61 : Sans abolir le
marché de concurrence, il faut le maintenir dans des limites qui le rendent
juste et moral, et donc humain. La justice sociale exige que le commerce
international, pour être humain et moral, rétablisse entre partenaires au moins
une certaine égalité des chances. Cette dernière est un objectif à long
terme. Mais pour y parvenir, il faut dès maintenant créer une réelle
égalité dans les discussions et négociations.
n°62 : Nationalisme et
racisme sont deux autres obstacles à la formation d’un monde plus juste et plus
structuré dans une solidarité universelle.
n°65 : La solidarité
mondiale, toujours plus efficiente, doit permettre à tous les peuples de
devenir eux-mêmes les artisans de leur destin.
n° 66 : Le monde
est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou
leur accaparement par quelques-uns que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples.
n°67 : Devoir
d’accueil.
n°72 : À la compétence
technique nécessaire, il faut donc joindre les marques authentiques d’un
amour désintéressé. Un rapprochement s’établira qui fécondera l’une et
l’autre civilisation.
n°73 : Entre les
civilisations, comme entre les personnes, un dialogue sincère est en effet
créateur de fraternité.
n° 76 : Le développement
est le nouveau nom de la paix.
n°79 : Cette voie vers
plus d’humanité demande effort et sacrifice.
n°81 : Appel aux
catholiques.
n°84 : « Hommes
d’État, il vous incombe de mobiliser vos communautés pour une solidarité
mondiale plus efficace et d’abord leur faire accepter les nécessaires
prélèvements sur leur luxe et leur gaspillage. »
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